La fin de l’hiver est une période charnière pour l’ornithologue amateur comme pour le passionné chevronné. Alors que les jours rallongent timidement, le ciel et les paysages se transforment, offrant un spectacle renouvelé. Février et mars marquent un tournant décisif : le départ progressif des hivernants laisse place au retour tant attendu des migrateurs, annonçant les prémices d’une nouvelle saison de reproduction.
Table des matières
Fin février : premiers signes du printemps

Les hivernants encore présents
Même si le printemps pointe le bout de son nez, de nombreux oiseaux hivernants sont encore bien visibles sur le territoire. C’est le moment idéal pour observer les anatidés sur les plans d’eau, avant qu’ils ne repartent vers leurs sites de nidification nordiques. Canards siffleurs, cygnes de Bewick ou encore oies rieuses sont encore présents en nombre.
Les rapaces ne sont pas en reste. Le majestueux faucon pèlerin peut être aperçu chassant près des falaises, tandis que des observations plus rares mais possibles du pygargue à queue blanche peuvent récompenser les observateurs les plus patients près des grands lacs et des fleuves.
Le ballet des grues cendrées
L’un des spectacles les plus impressionnants de cette période est sans conteste le passage des grues cendrées. Attirées par les vents porteurs du sud, elles traversent la France par milliers entre la mi-février et la mi-mars, dans un concert de cris rauques et de formations en V caractéristiques. C’est un phénomène migratoire à ne pas manquer.
Ces premiers mouvements discrets à la fin de février ne sont que le prélude à une vague migratoire bien plus massive qui déferle dès les premiers jours du mois suivant.
Début mars : arrivée des oiseaux migrateurs

Les passereaux de passage
Mars voit déferler des vagues de passereaux en route vers leurs sites de nidification plus nordiques. Ces migrateurs ne font qu’une halte sur notre territoire pour se reposer et se nourrir avant de continuer leur long périple. C’est une occasion unique d’observer des espèces moins communes le reste de l’année.
- Le pinson du nord, avec son plumage contrasté.
- Le tarin des aulnes, reconnaissable à ses touches de jaune vif.
- L’alouette des champs, dont le chant en vol est si caractéristique.
- Les grives mauvis et litornes, souvent en groupes importants.
Les premiers estivants
Parallèlement, les premiers oiseaux qui passeront l’été chez nous, les estivants, commencent à arriver. Leur retour est un signe infaillible du changement de saison. L’hirondelle rustique, guettée par tous, est souvent l’une des premières à fendre le ciel, suivie de près par le pouillot véloce dont le chant simple et répétitif, « chip-chap », résonne à nouveau dans les bois et les jardins.
L’arrivée de ces nouvelles espèces s’accompagne d’une transformation sonore du paysage, car les mâles se mettent rapidement en quête de territoires et de partenaires.
Oiseaux chanteurs annonçant le printemps
Les chants territoriaux
Le chant n’est pas qu’une simple mélodie ; c’est un outil de communication essentiel. Pour les oiseaux mâles, chanter à tue-tête sert avant tout à délimiter un territoire et à signaler aux autres mâles que la place est prise. C’est aussi un moyen de séduction redoutable pour attirer une femelle en démontrant sa vigueur et sa bonne santé.
Les nicheurs précoces à l’œuvre
Certains de nos résidents annuels, qualifiés de nicheurs précoces, n’attendent pas la fin de l’hiver pour commencer leur parade nuptiale. Leurs chants et leurs tambourinages sont parmi les premiers à se faire entendre, bien avant le grand chœur printanier. C’est le cas notamment pour :
- Les pics (pic noir, pic vert, pic épeiche) dont les tambourinages sur les troncs résonnent dans les forêts.
- Le merle noir, dont le chant flûté et mélodieux embellit les fins de journées.
- La grive musicienne, reconnaissable à ses phrases musicales répétées.
Nul besoin de s’aventurer dans des réserves lointaines pour profiter de ce réveil de la nature ; nos propres espaces verts peuvent devenir de véritables postes d’observation.
Où observer les oiseaux dans votre jardin
Aménager un espace accueillant
Un jardin, même modeste, peut attirer une grande diversité d’espèces. L’installation d’une mangeoire et d’un point d’eau est la première étape pour transformer votre jardin en havre de paix pour les oiseaux. Veillez à placer la nourriture à l’abri des prédateurs, comme les chats, et à nettoyer régulièrement les installations pour éviter la propagation de maladies.
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Les visiteurs réguliers
Parmi les visiteurs les plus assidus, on retrouve bien sûr les mésanges (bleue, charbonnière, nonnette), le familier rougegorge et le merle noir. Mais en étant attentif, vous pourrez aussi surprendre un accenteur mouchet, un verdier d’Europe ou même un couple de chardonnerets élégants. Installer un nichoir peut également encourager un couple à s’installer durablement.
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L’importance du nourrissage hivernal prolongé
Contrairement à une idée reçue, il est bénéfique de continuer à nourrir les oiseaux jusqu’à la fin mars. À cette période, les ressources naturelles en graines de l’année précédente sont épuisées et les nouvelles ne sont pas encore disponibles. Un apport complémentaire aide les oiseaux résidents et les migrateurs de retour à reprendre des forces avant la saison de reproduction exigeante.
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Si le jardin offre un spectacle quotidien, certaines régions de France se transforment en véritables carrefours migratoires, promettant des observations d’une tout autre envergure.
Destinations en France pour observer les oiseaux
Les zones humides incontournables
Les zones humides sont des sites privilégiés pour l’observation des oiseaux d’eau et des migrateurs. La Camargue, la Baie de Somme ou encore le lac du Der-Chantecoq sont des destinations de renommée internationale qui grouillent de vie à cette période. C’est l’occasion d’observer des concentrations spectaculaires de canards, d’oies, de limicoles et des premiers échassiers.
Les cols et littoraux stratégiques
Le littoral et les cols montagneux sont des axes de migration majeurs. Le cap Gris-Nez dans le Pas-de-Calais ou les cols pyrénéens voient passer des milliers d’oiseaux, notamment des passereaux et des rapaces, qui suivent ces corridors naturels pour économiser leur énergie. Ces postes d’observation offrent des vues imprenables sur le flux migratoire.
Tableau comparatif des sites
Pour mieux choisir votre destination, voici un tableau récapitulatif de quelques sites majeurs et des espèces que l’on peut y observer en février et mars.
| Site | Région | Espèces phares en février-mars |
|---|---|---|
| Lac du Der-Chantecoq | Grand Est | Grues cendrées, oies sauvages, pygargues à queue blanche |
| Baie de Somme | Hauts-de-France | Canards, limicoles, avocettes élégantes, spatules blanches |
| Camargue | Provence-Alpes-Côte d’Azur | Flamants roses, canards, premiers migrateurs africains |
| Pointe de Grave | Nouvelle-Aquitaine | Passage important de pinsons, grives et autres passereaux |
Quelle que soit la destination choisie, une bonne préparation et un équipement adapté sont les clés pour transformer une simple sortie en une expérience mémorable.
Conseils pour une observation réussie
L’équipement de l’ornithologue
L’outil indispensable de tout observateur est une bonne paire de jumelles. Elles permettent d’apprécier les détails du plumage et les comportements sans déranger les oiseaux. Un grossissement de 8x ou 10x est généralement recommandé pour débuter.
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Un guide d’identification, papier ou sous forme d’application mobile, est également essentiel pour nommer les espèces rencontrées et en apprendre davantage sur leurs habitudes. Pensez à prendre un carnet pour noter vos observations.
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Le Guide ornitho: Le guide le plus complet des oiseaux d'Europe, d'Afrique du Nord et du Moyen-Orient
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Guide des oiseaux de France
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440 oiseaux
La patience et la discrétion
L’observation des oiseaux est une école de la patience. Il faut savoir se faire discret, éviter les mouvements brusques et les couleurs vives pour ne pas effrayer les sujets. Apprenez à vous fondre dans le paysage et à attendre. Souvent, c’est en restant immobile que la nature se révèle.
Choisir le bon moment
Si le début de matinée est souvent propice, la période de février-mars offre une particularité : le milieu de journée, lorsque le soleil réchauffe l’atmosphère, est souvent un excellent moment pour voir les oiseaux s’activer, notamment les rapaces qui profitent des courants thermiques pour planer sans effort. Adaptez vos heures de sortie à la météo et aux espèces que vous recherchez.
La période de février à mars constitue une fenêtre d’observation exceptionnelle, marquant la transition entre les espèces hivernantes et l’arrivée massive des migrateurs. Du spectacle des grues cendrées aux premiers chants printaniers dans nos jardins, chaque jour offre une nouvelle occasion de s’émerveiller. Avec un peu de préparation et de patience, ces semaines se révèlent être parmi les plus riches de l’année pour tout amateur d’oiseaux.






